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Salon du livre de Port-au-Prince : Triomphe des livres dans la capitale haïtienne
Salon du livre de Port-au-Prince : Triomphe des livres dans la capitale haïtienne
Salon du livre de Port-au-Prince : Triomphe des livres dans la capitale haïtienne

Salon du livre de Port-au-Prince : Triomphe des livres dans la capitale haïtienne

La deuxième édition du Salon du Livre de Port-au-Prince est prévue pour le vendredi 13 décembre 2024, dans les locaux de l’Institut Français en Haïti, de 9 heures AM à 15 heures PM. « Politique, dictature et littérature en Haïti » est le thème retenu pour cette deuxième édition. « Nous avons choisi ce thème en raison des auteurs seniors qui devraient être avec nous pour cette édition. Ces thématiques sont très présentes à travers leurs œuvres », nous a déclaré Emmanuel Pacorme, coordonnateur général de l’organisation à l’origine du salon.

En effet, cette grande fête littéraire, qui se fait principalement au bénéfice des jeunes auteurs, se réjouira de la présence de trois des plus grands écrivains haïtiens contemporains, référence faite aux immortels Marc Exavier, Évelyne Trouillot et Dédé Dorcely.

Une initiative d’un groupe de jeunes pour d’autres jeunes

L’initiative de doter la ville de Port-au-Prince d’un salon du livre a été prise par l’organisation culturelle Salon du Livre de Port-au-Prince (composée d’étudiants de l’Université d’État d’Haïti), avec pour cette édition, l’Institut Français en Haïti comme partenaire principal. Cette initiative, fondée sur la volonté d’accorder une place à la promotion de l’art et de la culture haïtienne en général, avec un accent particulier porté sur la littérature, vise d’abord à créer un espace d’expression pour les jeunes auteurs.

Selon le dossier de presse fourni par les organisateurs du salon, des objectifs clairs, tels que la création d’un espace pouvant mettre en valeur les productions des jeunes auteurs haïtiens, poser et discuter quelques problèmes auxquels fait face le secteur du livre en Haïti, promouvoir la lecture et créer un espace de détente dans une ambiance intellectuelle, ont été fixés par la SLPAP pour cette activité.

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Un projet ambitieux

Après une première édition réussie en 2023, cette année encore, les organisateurs de l’événement poursuivent leur marche dans cette même lancée afin d’accorder à la réputation de Port-au-Prince celle d’une ville dotée d’un salon du livre, à l’image de toutes les grandes villes du monde.

"Le Salon du Livre de Port-au-Prince est un bruit parmi tant d’autres qui choisissent la passion, qui pensent que l’art et la littérature offrent toujours une seconde chance d’être heureux dans cette vie. Mais c’est aussi, pour nous en Haïti, un acte de résistance face à la bêtise humaine, face à la fuite du temps, face à un peuple qui souffre pour le seul tort d’avoir choisi la vie", nous a confié le CG Emmanuel Pacorme.

Les invités de marque

L’année dernière, les noms d’Inima Jeudi et de Lyonel Trouillot figuraient sur la liste des invités, aux côtés des jeunes auteurs hyper talentueux, tels que le Prix Deschamps 2021 et auteur de La Petite Fille Bleue, Louis Bernard Henry, et le Prix Amaranthe 2022 et auteur de Kwaze Leuit, Carl Henry Burin. Cette année, les invités qui accompagneront les jeunes auteurs seront du même rang. Marc Exavier, dont le nom et les œuvres ont déjà marqué ce pays et sa littérature, qui aujourd’hui oriente ses œuvres vers un public plus jeune, en l’occurrence les enfants, avec ses aventures de Nayou, animera une causerie autour de l’enjeu de la littérature en temps de crise et signera ses deux derniers ouvrages, dont celui intitulé "La lecture comme l’amour", lors du salon. Son enthousiasme pour participer à ce salon est un fait tangible qui traduit son envie d’encadrer les jeunes auteurs. Voici ce qu’il déclare à propos du Salon du Livre de Port-au-Prince : « Comme il existe des Salons du Livre à Paris, Montréal, Francfort, Bamako, et dans beaucoup d’autres grandes villes du monde, Port-au-Prince mérite un Salon du Livre pour exposer et valoriser la production littéraire qui, malheureusement, n’intéresse qu’une très faible portion de la population. Tout événement centré autour des livres doit être encouragé, car la lecture est une pratique qui aide chaque individu à ouvrir les yeux et permet à une communauté de se développer grâce aux connaissances que chacun possède. La connaissance est une richesse ; les livres sont un trésor. Un Salon du Livre est un espace où les idées se partagent, où les auteurs rencontrent des lecteurs, et d’autres auteurs. C’est une belle fête. »

En deuxième lieu, Évelyne Trouillot, immense voix au sein de la littérature francophone et haïtienne, devrait être présente, aux côtés de Dédé Dorcely, grand nom de la littérature haïtienne. Le professeur Jérôme Paul Eddy Lacoste, de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASCH), animera aussi un atelier sur la bibliothéconomie au sein du salon.

À côté de ces grands noms, on retrouvera celui du jeune slameur Youven Beaubrun, fraîchement finaliste de la dernière édition de la Coupe du Monde de slam, qui signera son ouvrage intitulé Au kalfou du destin. Litainé Laguerre sera présent aussi avec son Titanik 16, et le prix Capitaine Coluche 2023, Daryl Lorenzo Moïse, viendra signer son œuvre intitulée Tiédeur d’un Cyclone, entre autres.

Le contexte difficile à Port-au-Prince

Le Salon du Livre de Port-au-Prince se déroulera à un moment où une grande partie de la capitale haïtienne est prise dans les flammes. La ville a l’air d’un corps malade, dont la voix est sous respiration artificielle. À un moment où une large partie de la jeunesse haïtienne se retrouve occupée dans la construction du chaos, le Salon du Livre de Port-au-Prince se veut être l’occasion de projeter une autre image, une autre voix qui contredit l’idée que la jeunesse de ce pays se résume uniquement à ceux qui, mal armés, sont devenus des bâtisseurs du chaos. Cette initiative est une façon claire de dire qu’un pays, qu’une ville ne peut être déclarée morte s’ils ont des jeunes conscients allumés au fond d’eux, et que malgré tout ce que traverse Port-au-Prince ces derniers temps, il reste encore de la place pour les livres, leurs auteurs, et surtout les jeunes auteurs, car réunis, ils forment un grand ensemble qui symbolise la vie, la paix et un meilleur avenir.

Une occasion pour venir célébrer les livres

Les livres sont des facteurs d’émancipation, un vecteur de changement. Un livre dans la main d’un jeune homme fait de loin plus beau qu’une arme à feu. C’est aussi la raison qui rend cette initiative spéciale. À entendre les organisateurs de l’évènement, tout comme l’a été la première édition, cette deuxième édition du Salon du Livre de Port-au-Prince, promet d’être une vive occasion de célébrer les livres. Une fête inscrite dans un geste pour mieux dire l’existence.

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À propos de l'auteur
Moise Francois
Moise Francois
Moise Francois

Journaliste rédacteur, poète et apprenti juriste.

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Beven

Très beau article,
Tout pour l'art et la culture.

11 Décembre 2024 à 06:52:08 PM
Cherlin SIMON

CSimon Publishing:

Je tiens à féliciter chaleureusement l’organisation du Salon du Livre de Port-au-Prince pour cette initiative remarquable qui met en lumière la richesse de la littérature haïtienne et offre une plateforme aux jeunes auteurs du pays. En cette époque de nombreux défis sociaux et politiques, il est inspirant de voir un groupe de jeunes, animé par la passion de la culture et des arts, s’engager pour offrir à la ville de Port-au-Prince un espace d’expression et de réflexion intellectuelle.

L’ambition de créer un Salon du Livre à l’image des grandes villes du monde est un projet ambitieux, mais ô combien nécessaire pour la promotion de la lecture et de la culture. Cette deuxième édition promet de rassembler des voix importantes de la littérature haïtienne et de permettre à de nouveaux talents d’émerger, contribuant ainsi à dynamiser le secteur du livre en Haïti. C’est une belle preuve de résilience et de détermination que de croire que, même en période de crise, la culture et la littérature peuvent offrir un éclairage pour un avenir meilleur.

Je félicite également la présence des invités prestigieux tels que Marc Exavier, Évelyne Trouillot, et Dédé Dorcely, qui, par leurs contributions, enrichissent cette fête littéraire et participent activement à la valorisation de la littérature haïtienne. Le Salon du Livre de Port-au-Prince représente véritablement un espace de rencontre, d’échange et d’inspiration pour les jeunes écrivains et les lecteurs passionnés.

Bravo à tous les organisateurs et participants pour leur engagement à offrir à Port-au-Prince un événement culturel d’une telle envergure. Ce salon incarne l’espoir, la résistance et l’avenir de la culture haïtienne.

11 Décembre 2024 à 09:45:08 PM
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Pitié ou l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe

Le vocable crise charrie une infinité de sens. Nulle intention de les révéler tous cet après-midi. Toutefois, quelques précisions s’imposent. Une gamine dont les parents ne disposent pas de fonds suffisants à Noël pour lui acheter une poupée de la petite Sirène noire pique une crise et s’enferme dans sa chambre à double tour sans toucher à ses repas de la journée. Un garçon dont le chien a été empoisonné subitement par un voisin pour se venger ou abattu ayant contracté la rage, perdant du jour au lendemain un ami fidèle, entre en crise. Pour finir une société en proie à toutes sortes de mutations et dont les dirigeants sont veules, peut-être prolongée dans une profonde crise. Dans le premier cas, la jeune fille boude pour attirer l’attention de ses parents afin de se sentir apprécier des enfants de son âge à l’école ou dans le voisinage. Aujourd’hui, une trentaine de minutes de négociations peuvent suffire pour y dégager une solution durable. De mon temps, quelques coups de ceinture bien sentis aurait eu raison de ce caprice. Mais, l’humanité évolue, dit-on. Dans le deuxième cas, ce garçon peut retrouver le sourire au bout de quelques semaines. Il lui faut un peu d’attention et, sans doute un autre chien. Comme dirait Stendhal, seule la passion triomphe de la passion. Dans le dernier cas, cette société dirigée par des ineptes est secouée dans ses assises profondes. Ses institutions peuvent une à une se déliter. Les forces vives se dissoudre en un rien de temps. Cette situation crée un tsunami sociétal qui détruit toute vie au sein de cette collectivité. C’est effectivement une crise. La crise de ce point de vue constitue une situation alarmante, désespérée dans l’existence d’une communauté où rien ne va. Le chaos y règne en maître. L’essence même de la vie disparaît. L’individu peut prendre le pas sur la collectivité. Chacun tentant de résoudre ses problèmes sans se soucier d’autrui. Le voisin le plus proche est relégué à des années lumières de soi. Comment se tourner vers la création? Comment continuer à concevoir l’altérité? Comment l’artiste peut s’imprégner de ce grand désarroi collectif comme source de motivations? Voilà les questions auxquelles je dois répondre. Un artiste voit et sent ce que le commun des mortels ne peut même pas imaginer dans une vie de mille ans. Il crée pour dénoncer, quand sa conscience d’être humain est révoltée. Il exalte les héros ou la patrie selon son ressenti. Il chante la beauté d’une femme irrésistible, envoûtante ou mochement resplendissante. Il peut aussi se servir de la désolation ambiante pour donner un sens à la vie. Créer en littérature comme dans les arts en général ne dépend pas de la conjoncture. L’acte de création est fonction des dispositions du créateur. Les événements tétanisent certains et galvanisent d’autres. Créer est jouissif. Chacun jouit donc selon sa fantaisie. Écrire ouvre la voie au changement. L’écrivain jette un regard différent sur le monde. En s’incrustant dans le réel il l’enjolive, le rend meilleur ou hideux selon le message qu’il entend partager. Tout compte fait, avec lui la vie n’est jamais figée. Écrire c’est mettre le monde dans un bocal pour y parcourir l’univers. L’artiste couve son œuvre par tous les temps. Oswald Durand métait en joie d’apercevoir le beau corps de Choucoune de son observatoire secret. Musset par contre dans la douleur rédigeait sa nuit d’octobre. Quant à Dany Laferrière, en exil, il décrivit les horreurs de la dictature duvaliériste et l’insouciance des jeunes filles de son quartier dans ce monde violent et dangereux. En définitive, l’écrivain vit dans une société avec des valeurs qu’il partage ou non. Elles conditionnent son existence ou n’ont aucune prise sur lui. À bien des égards, le monde ambiant lui sert de laboratoire. Il y réalise ses expérimentations. Il jette sur le monde un regard neuf, usé, désabusé, mélancolique, violent, plein d’aigreur selon son humeur. Pitié est l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe. Le jeune Mike Bernard Michel vit d’expédients et de mensonges. Les mains de la vie s’abattent sur lui avec une violence indescriptible. Le malheur l’étreint dans ses bras jour et nuit. Faut-il pour autant baisser les bras ? Musset aimait à dire : « l’homme est un apprenti, la douleur est son maitre. Et nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert. » L’artiste doit produire sous tous les cieux. Telle est sa vocation. Les incompétents au pouvoir, les bandits légaux ou de grands-chemins, la cherté de la vie, le chômage, les chagrins d’amour sont autant de sujets de préoccupations pour lui. S’il est vrai que ventre affamé n’a point d’oreilles, toujours est-il qu’il garde le cerveau en éveil. Que dis-je, il le stimule au point de créer des œuvres intemporelles. Monsieur Pitié vous avez un bel avenir devant vous. Oeuvre de Jean Rony Charles, le livre est disponible chez les Éditions Repérage.

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