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Trois jeunes leaders honorés pour leur impact social lors de la 11ème édition de PRIM POU CHANJMAN
Trois jeunes leaders honorés pour leur impact social lors de la 11ème édition de PRIM POU CHANJMAN
Trois jeunes leaders honorés pour leur impact social lors de la 11ème édition de PRIM POU CHANJMAN

Trois jeunes leaders honorés pour leur impact social lors de la 11ème édition de PRIM POU CHANJMAN

Depuis 2014, l’initiative "PRIM POU CHANJMAN" (PPC), orchestrée par Gwoup Konbit à travers Leaders de demain, honore de jeunes Haïtiens extraordinaires qui réalisent des actions remarquables pour améliorer leur communauté. Initialement baptisé "CITE SOLEIL PEACE PRIZE" et limité aux jeunes de Cité Soleil, ce programme s’est élargi en 2023 pour inclure tous les jeunes du pays ayant un impact social positif. Pour sa 11ème édition, trois jeunes leaders ont été récompensés pour leur dévouement et leur influence sociale dans leurs communautés respectives.

Louino Robillard
Louino Robillard
Louino Robillard

Historique et Objectifs de PRIM POU CHANJMAN

En 2014, au cœur du conflit renouvelé entre la « Haute » et la « Basse » Cité Soleil, Louino « Robi » Robillard, cofondateur de Solèy Leve, a lancé le prix Prim Solèy Leve. Cette initiative visait à encourager et à reconnaître de jeunes leaders prometteurs qui, malgré les défis, se mobilisaient pour apporter des changements positifs. Le prix a trois objectifs principaux :

1. S’assurer que les jeunes honorés comprennent que les gens les reconnaissent pour leurs actions
2. Inspirer d’autres jeunes à suivre le chemin des lauréats.
3. Combattre la stigmatisation de Cité Soleil. Le stéréotype des jeunes de Cité Soleil est qu’ils sont des criminels ou des gangsters, qu’ils n’ont pas grand-chose à apporter à la société. Ce prix etait une manière de mettre en valeur les jeunes qui défient ce stéréotype et de souligner que les jeunes de Cité Soleil ont des contributions à apporter non seulement à leurs quartiers, mais à Haïti dans son ensemble.

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Critères de sélection

Chaque année, 4 à 5 jeunes sont sélectionnés parmi de nombreux candidats selon des critères :

- La personne/organisation doit vivre ou travailler activement en Haïti.
- La personne/l’organisation doit être un modèle positif pour les autres jeunes.
- Le travail de cette personne/organisation doit avoir un impact positif dans la communauté.
- Le travail de cette personne/organisation doit être un exemple de collaboration et de participation, dans l’esprit du konbit.
- La personne/l’organisation doit bénéficier d’une aide extérieure, mais les activités pour lesquelles elle est honorée doivent être basées principalement sur les ressources et les atouts locaux.
- Cette personne ne doit pas être un leader qui a déjà « réussi » et qui est bien connu pour son travail. Ce devrait être un leader que peu de gens connaissent, mais qui accomplit un travail positif que tout le monde devrait connaître.
- Ce travail doit durer au moins deux ans et refléter les valeurs de paix et de changement social.
- La personne/organisation ne doit pas être activement impliquée dans des campagnes politiques.

Les Lauréats pour l’année 2024

Cette année, trois jeunes ont été distingués :

Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.
Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.

Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.

Vivre en Prose et en Poésie est un événement artistique et culturel organisé par l’organisation culturelle salon de livre de port-au-prince ( OCSLPAP) dans le but de réunir les jeunes artistes de la capitale haïtienne pour les exposer face à un large public. Cette édition aura lieu le samedi 27 juillet 2024, au centre culturel pyépoudré,situé au numéro 332 sur la route de bourdon. Cette année les organisateurs annoncent avoir pour mission de réunir les talents de divers catégories d’arts, toujours dans le but de les aider à se familiariser entre eux, et d’aider à la création d’un solide lien entre eux et le public haitien. Les catégories visées par les organisateurs pour cette deuxième édition sont les jeunes poètes, slameurs,humoristes, rappeurs, danseurs, chanteurs, peintres, et écrivains qui ont déjà publié au moins un ouvrage. Vivre en prose et en poésie ce sera aussi l’occasion d’inciter la jeunesse haïtienne à la réflexion. La première partie de l’événement sera consacrée à une discussion autour d’un texte du célèbre écrivain haïtien Louis Philippe Dalembert, intitulé L’autre face de la mer. C’est un roman qui aborde avec minutie le sujet de la immigration et du détachement qui va avec dans la peau de l’immigré. C’est un livre qui s’inscrit à cœur ouvert dans la réalité du peuple haïtien à l’heure actuelle. Il est déjà annoncé que cette première partie sera animée par le journaliste et critique littéraire Carl Pierrecq qui travaille pour le nouvelliste, et la modération sera assurée par Pierre Marie, un jeune étudiant en sociologie à la faculté des sciences humaines (FASCH). Après une première édition largement réussie qui avait eu lieu en mai 2023 dans les locaux de la bibliothèque municipale de delmas, les organisateurs de vivre en prose et en poésie se disent déterminé et ont fait la promesse pour cette année de délivrer au publique port-au-princien, un événement culturel d’une envergure exceptionnelle pour la deuxième sortie. Une fois de plus, ce sera l’occasion parfaite pour célébrer la grande richesse de la culture haïtienne par le biais des organes de nos jeunes talents. Vu le contexte difficile, manifesté par la situation d’insécurité quasi quotidienne qui prévaut depuis un certain temps, dans une bonne partie de port-au-prince, l’annonce de cet évènement se présente comme une fraîche bouffée d’oxygène, éparpillée au sein du poumon de la ville. C’est une énième occasion de rappeler par la truchement de cette festivité artistique, que même en des temps de profonds troubles, l’art demeurera une lumière indispensable, car même en période de crise, ce dernier et l’artiste (son canal de diffusion) deviendront des refuges, des sources de réconfort et d’apaisement pour toutes âmes humaines.

Roobens Louis
Roobens Louis
Roobens Louis

- Roobens Louis, Fondateur de ANN KREYE

ANN KREYE est une plateforme dédiée à la formation et à l’accompagnement pour la création et la gestion d’entreprises. Leur mission est d’inspirer et de former de nombreux jeunes afin de les aider à lancer des projets avec des connaissances solides et des stratégies efficaces. Leur vision est de contribuer à l’émergence de milliers d’entreprises et startups en Haïti, avec l’objectif ambitieux de créer au moins 1000 entreprises en 10 ans.

Davidson Beaubrun
Davidson Beaubrun
Davidson Beaubrun

- Davidson Beaubrun, Gestionnaire du Programme Baskètbòl pou Ankadre Lajenès

Baskètbòl pou Ankadre Lajenès (BAL) est une organisation à but non lucratif utilisant le basket-ball comme outil d’éducation et de mentorat pour la jeunesse haïtienne. En plus du basket-ball, BAL propose des activités éducatives et culturelles visant à développer pleinement les talents et les capacités des jeunes. Le programme opère dans les quartiers défavorisés de Cité Soleil et Martissant à Port-au-Prince.

Junior Thermidor
Junior Thermidor
Junior Thermidor

- Junior Thermidor, Directeur Exécutif d’IMPACT-E

IMPACT-E est une organisation sociale qui milite pour l’inclusion de chaque enfant et jeune dans le processus de développement local, en promouvant l’éducation et la citoyenneté active. L’organisation se spécialise dans l’accompagnement de projets de solidarité, l’éducation pour tous, et le développement local et environnemental, convaincue que le développement repose autant sur l’accompagnement humain que sur les infrastructures.

Prim Pou Chanjman
Prim Pou Chanjman
Prim Pou Chanjman

Reconnaissance et soutien

Les lauréats reçoivent généralement une plaque de récompense lors d’une cérémonie publique pour reconnaître leurs contributions. Bien qu’il n’y ait pas de prix en espèces, il arrive parfois que des individus et des organisations généreux offrent des cadeaux pratiques aux lauréats (comme des outils ou des bourses pour des cours d’anglais) pour les aider à poursuivre et à renforcer leur travail. Cette reconnaissance publique et ces soutiens concrets visent à encourager les jeunes leaders à persévérer dans leurs efforts pour améliorer leurs communautés.

Un Impact Durable

Louino Robillard, initiateur de PPC, se réjouit de voir cette initiative reconnaître plus d’une douzaine de jeunes impactants dans leur communauté. Il espère que ce prix continuera de motiver les jeunes à s’engager pour améliorer leur environnement. Les organisateurs se félicitent du succès du programme et encouragent d’autres jeunes Haïtiens à s’impliquer.

Avec PRIM POU CHANJMAN, l’espoir et l’optimisme brillent à travers les réalisations de ces jeunes leaders, inspirant toute une génération à contribuer positivement à la société haïtienne.

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Appolon Guy Alain
Appolon Guy Alain
Appolon Guy Alain

Full Stack Developer, Créatif, expérimenté, passionné des nouvelles technologies et de l’art.

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Pitié ou l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe

Le vocable crise charrie une infinité de sens. Nulle intention de les révéler tous cet après-midi. Toutefois, quelques précisions s’imposent. Une gamine dont les parents ne disposent pas de fonds suffisants à Noël pour lui acheter une poupée de la petite Sirène noire pique une crise et s’enferme dans sa chambre à double tour sans toucher à ses repas de la journée. Un garçon dont le chien a été empoisonné subitement par un voisin pour se venger ou abattu ayant contracté la rage, perdant du jour au lendemain un ami fidèle, entre en crise. Pour finir une société en proie à toutes sortes de mutations et dont les dirigeants sont veules, peut-être prolongée dans une profonde crise. Dans le premier cas, la jeune fille boude pour attirer l’attention de ses parents afin de se sentir apprécier des enfants de son âge à l’école ou dans le voisinage. Aujourd’hui, une trentaine de minutes de négociations peuvent suffire pour y dégager une solution durable. De mon temps, quelques coups de ceinture bien sentis aurait eu raison de ce caprice. Mais, l’humanité évolue, dit-on. Dans le deuxième cas, ce garçon peut retrouver le sourire au bout de quelques semaines. Il lui faut un peu d’attention et, sans doute un autre chien. Comme dirait Stendhal, seule la passion triomphe de la passion. Dans le dernier cas, cette société dirigée par des ineptes est secouée dans ses assises profondes. Ses institutions peuvent une à une se déliter. Les forces vives se dissoudre en un rien de temps. Cette situation crée un tsunami sociétal qui détruit toute vie au sein de cette collectivité. C’est effectivement une crise. La crise de ce point de vue constitue une situation alarmante, désespérée dans l’existence d’une communauté où rien ne va. Le chaos y règne en maître. L’essence même de la vie disparaît. L’individu peut prendre le pas sur la collectivité. Chacun tentant de résoudre ses problèmes sans se soucier d’autrui. Le voisin le plus proche est relégué à des années lumières de soi. Comment se tourner vers la création? Comment continuer à concevoir l’altérité? Comment l’artiste peut s’imprégner de ce grand désarroi collectif comme source de motivations? Voilà les questions auxquelles je dois répondre. Un artiste voit et sent ce que le commun des mortels ne peut même pas imaginer dans une vie de mille ans. Il crée pour dénoncer, quand sa conscience d’être humain est révoltée. Il exalte les héros ou la patrie selon son ressenti. Il chante la beauté d’une femme irrésistible, envoûtante ou mochement resplendissante. Il peut aussi se servir de la désolation ambiante pour donner un sens à la vie. Créer en littérature comme dans les arts en général ne dépend pas de la conjoncture. L’acte de création est fonction des dispositions du créateur. Les événements tétanisent certains et galvanisent d’autres. Créer est jouissif. Chacun jouit donc selon sa fantaisie. Écrire ouvre la voie au changement. L’écrivain jette un regard différent sur le monde. En s’incrustant dans le réel il l’enjolive, le rend meilleur ou hideux selon le message qu’il entend partager. Tout compte fait, avec lui la vie n’est jamais figée. Écrire c’est mettre le monde dans un bocal pour y parcourir l’univers. L’artiste couve son œuvre par tous les temps. Oswald Durand métait en joie d’apercevoir le beau corps de Choucoune de son observatoire secret. Musset par contre dans la douleur rédigeait sa nuit d’octobre. Quant à Dany Laferrière, en exil, il décrivit les horreurs de la dictature duvaliériste et l’insouciance des jeunes filles de son quartier dans ce monde violent et dangereux. En définitive, l’écrivain vit dans une société avec des valeurs qu’il partage ou non. Elles conditionnent son existence ou n’ont aucune prise sur lui. À bien des égards, le monde ambiant lui sert de laboratoire. Il y réalise ses expérimentations. Il jette sur le monde un regard neuf, usé, désabusé, mélancolique, violent, plein d’aigreur selon son humeur. Pitié est l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe. Le jeune Mike Bernard Michel vit d’expédients et de mensonges. Les mains de la vie s’abattent sur lui avec une violence indescriptible. Le malheur l’étreint dans ses bras jour et nuit. Faut-il pour autant baisser les bras ? Musset aimait à dire : « l’homme est un apprenti, la douleur est son maitre. Et nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert. » L’artiste doit produire sous tous les cieux. Telle est sa vocation. Les incompétents au pouvoir, les bandits légaux ou de grands-chemins, la cherté de la vie, le chômage, les chagrins d’amour sont autant de sujets de préoccupations pour lui. S’il est vrai que ventre affamé n’a point d’oreilles, toujours est-il qu’il garde le cerveau en éveil. Que dis-je, il le stimule au point de créer des œuvres intemporelles. Monsieur Pitié vous avez un bel avenir devant vous. Oeuvre de Jean Rony Charles, le livre est disponible chez les Éditions Repérage.

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